Le directeur général de la RTS n’a pas attendu longtemps pour livrer son verdict sur l’élimination du Sénégal face à la Belgique. Dans une analyse publiée à chaud, Pape Alé Niang dresse un réquisitoire implacable contre la gestion de cette Coupe du monde, ciblant directement le sélectionneur et les instances dirigeantes du football sénégalais.
Une campagne mondiale née sous de mauvais auspices
Pour Pape Alé Niang, les germes de l’échec ont été semés bien avant le coup d’envoi du premier match. Il estime que l’équipe nationale n’a jamais été sérieusement préparée pour ce rendez-vous planétaire, l’euphorie consécutive au sacre à la CAN ayant servi d’alibi à une absence totale d’anticipation. Le résultat, selon lui, était donc prévisible. Il va jusqu’à qualifier de miraculeuse la qualification des Lions pour les seizièmes de finale, rappelant que des équipes comme la France et la Norvège ont largement surclassé le Sénégal lors de la phase de groupes, et qu’une victoire face à l’Irak ne saurait constituer une référence sérieuse.
Une équipe physiquement à bout de souffle
Sur le plan athlétique, le constat est tout aussi sévère. Le journaliste observe qu’à aucun moment les Lions n’ont semblé capables de tenir la distance sur l’ensemble d’un match, les joueurs accusant une baisse de régime flagrante à mesure que les minutes défilaient. Il s’appuie sur les données statistiques publiées par la FIFA au terme de la phase de groupes pour étayer sa démonstration, les jugeant révélatrices d’un niveau de jeu bien en deçà des ambitions affichées.
Le secteur défensif a cristallisé ses critiques les plus virulentes. Il rappelle la récurrence des buts encaissés, des matchs de préparation jusqu’aux rencontres officielles, établissant un parallèle troublant entre les trois buts pris face aux États-Unis en amical et les mêmes scores lourds concédés contre la France, la Norvège et la Belgique. Offensivement, le tableau n’est guère plus flatteur : il dénonce un jeu sans relief, trop prévisible et trop souvent replié dans le propre camp sénégalais.
Le coaching de Pape Thiaw dans le viseur
C’est sans doute la charge la plus dure que Pape Alé Niang ait adressée au sélectionneur. Il juge le coaching de Pape Thiaw brouillon et dépourvu de la lucidité nécessaire à ce niveau de compétition, estimant que les décisions prises en cours de match, notamment les changements opérés alors que le Sénégal menait 2-0 face à la Belgique, ont profondément déséquilibré le bloc défensif. L’équipe, selon lui, a sombré précisément lorsqu’elle aurait dû faire preuve de la plus grande rigueur tactique.
Il interroge également la pertinence des propos du sélectionneur belge Rudi Garcia, qui avait pointé une erreur collective sénégalaise, se demandant publiquement s’il avait réellement tort.
Un appel à un bilan lucide avant de rebâtir
Sans ménagement, Pape Alé Niang conclut sa charge en appelant la Fédération sénégalaise de football à tirer toutes les conséquences de ce qu’il qualifie de naufrage collectif. Il demande qu’un bilan honnête et complet soit établi sur les deux compétitions récentes, la CAN et ce Mondial, avant que le Sénégal ne se projette vers les prochaines éliminatoires de la Coupe d’Afrique.
