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Diomaye choisit le référendum pour contourner la majorité de Sonko

Le bras de fer institutionnel entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko entre dans une nouvelle dimension. En refusant de promulguer la révision constitutionnelle adoptée le 29 juin 2026 par l’Assemblée nationale et en optant pour un référendum, le chef de l’État choisit de soumettre directement ce texte au verdict populaire.

Court-circuiter une majorité parlementaire hostile

La révision adoptée par l’Assemblée nationale, dominée par Pastef, modifie sensiblement l’architecture du pouvoir : elle limite les prérogatives présidentielles, renforce le rôle du Premier ministre et introduit de nouvelles obligations pour le chef de l’État, notamment en matière de déclaration de patrimoine en fin de mandat. En optant pour le référendum, Bassirou Diomaye Faye évite qu’une seconde lecture à l’Assemblée ne rende le texte définitif sans qu’il puisse s’y opposer. Il s’offre aussi une tribune nationale pour mobiliser l’opinion en sa faveur et affaiblir politiquement Sonko.

Trois dispositions au cœur du désaccord

Trois points du texte cristallisent particulièrement l’opposition du président. L’obligation de déclaration de patrimoine en fin de mandat, l’interdiction faite au chef de l’État de diriger un parti politique, et le renforcement des pouvoirs du Premier ministre qui serait désormais tenu à une « concertation » avec le président dans la définition de la politique nationale, réduisant ainsi l’autorité de l’Élysée sénégalais à un rôle plus arbitral qu’exécutif.

Une rupture consommée et des alliances recomposées

La fracture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, actée le 22 mai 2026 avec le limogeage de ce dernier, s’inscrit dans un mouvement plus large de recomposition politique. Les récentes rencontres du président avec Emmanuel Macron et certaines figures de l’ancien régime de Macky Sall alimentent les spéculations sur un changement de cap stratégique à l’approche de la présidentielle de 2029. Le référendum qui s’annonce s’imposera comme l’un des scrutins les plus polarisants de l’histoire politique récente du Sénégal.