La visite d’État du président Bassirou Diomaye Faye en Allemagne n’aura pas été qu’un exercice de protocole diplomatique. Au terme de trois jours intenses à Berlin, le chef de l’État sénégalais repart avec des engagements financiers concrets et variés, totalisant 120 millions d’euros, soit l’équivalent d’environ 136,5 millions de dollars, mobilisés par des investisseurs et des institutions allemandes réunis le 22 juin 2026 à l’occasion de la Journée économique germano-sénégalaise.
Ces fonds s’articulent autour de deux axes prioritaires : la transition écologique et le développement de l’industrie automobile. La banque allemande de développement KfW s’est positionnée en chef de file sur le volet environnemental, avec une enveloppe de 20 millions d’euros destinée à accompagner la transformation verte des petites et moyennes entreprises sénégalaises. Cette initiative vise à aider ces structures, souvent sous-capitalisées, à adapter leurs processus de production à des standards plus durables et moins consommateurs en énergie fossile.
Le second programme, nettement plus ambitieux avec une dotation de 100 millions d’euros, porte sur la création d’infrastructures de conservation post-récolte à travers le territoire sénégalais. Il s’agit là d’un enjeu stratégique majeur pour un pays dont une part significative de la production agricole se perd faute de capacités de stockage adaptées. En réduisant ces pertes, ce projet contribuera à la fois au renforcement de la sécurité alimentaire nationale et à la création d’emplois dans les zones rurales et périurbaines.
La coopération germano-sénégalaise ne se limite pas aux chiffres. Elle s’étend également au domaine de la santé, où l’entreprise pharmaceutique et médicale allemande B. Braun a annoncé son intention d’implanter une unité locale de fabrication de matériel de dialyse. Cette initiative répond à un besoin criant dans un pays où l’accès aux soins rénaux reste insuffisant, et elle s’accompagnera d’un transfert de savoir-faire technique précieux pour les professionnels de santé sénégalais.
Sur le front industriel, le géant Daimler Truck s’engage lui aussi dans cette dynamique en proposant des programmes de formation professionnelle dans les métiers de l’automobile. L’objectif est double : préparer une jeunesse sénégalaise aux emplois de demain tout en jetant les bases d’une filière nationale de production de véhicules utilitaires électriques, en phase avec les ambitions environnementales du pays.
L’un des engagements les plus structurants de cette visite concerne l’électrification rurale. Un financement de 120 millions d’euros supplémentaires, porté conjointement par le groupe d’ingénierie GAUFF et l’Agence sénégalaise d’électrification rurale, devrait permettre d’étendre l’accès à l’électricité de 300 à 750 villages dans les prochaines années. Une ambition qui transformerait concrètement le quotidien de centaines de milliers de Sénégalais encore privés de ce bien essentiel.
Ces résultats s’inscrivent dans une stratégie d’attractivité économique que le Sénégal a formalisée en septembre 2025 avec l’adoption d’un nouveau Code des investissements, garantissant notamment l’égalité de traitement entre capitaux locaux et étrangers tout en simplifiant les procédures administratives. Une réforme qui commence visiblement à porter ses fruits, au moment où le projet Sénégal 2050 cherche à positionner le pays comme une destination de référence pour les investissements en Afrique de l’Ouest.
