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JUSTICE | Meurtre de Warang : un témoin-clé et une chambre secrète font craquer le suspect principal

L’enquête sur la mort de M. Diouf, une fillette de 13 ans retrouvée violée et étranglée dans un bâtiment inachevé de Warang, a pris un tournant décisif grâce à un témoignage inattendu et à la découverte d’une chambre de passage utilisée par le suspect principal.

Dans le cadre de l’exécution d’une délégation judiciaire, les enquêteurs de la Brigade de recherches de Saly, relevant de la compagnie de gendarmerie de Mbour, avaient appris qu’A. K. Ba, boutiquier du quartier et premier mis en cause, conservait les clés d’une propriété appartenant à un couple de ressortissants européens. En leur absence, il se rendait régulièrement dans cette concession, en compagnie de la fillette, selon des confidences recueillies par les gendarmes.

Conduit sur les lieux, le suspect a été accueilli par ce couple belge, qui a non seulement confirmé qu’il occupait l’une des chambres de la maison à titre de gardien, mais a également témoigné l’avoir finalement expulsé en raison de comportements jugés inacceptables : présence de son frère, consommation d’alcool et de chanvre indien sur place, et fréquentation régulière de jeunes filles dans les lieux. Confrontés à la photo de la victime, les deux conjoints l’ont formellement reconnue pour l’avoir aperçue dans la chambre du boutiquier.

Face à ces éléments accablants, A. K. Ba a abandonné sa version initiale selon laquelle il ne connaissait M. Diouf que comme une simple cliente de sa boutique. Il a reconnu avoir entretenu une relation amoureuse avec elle et avoir été présent sur les lieux où son corps a été découvert. Il a néanmoins persisté à nier toute implication directe dans son décès, une ligne de défense contredite par de nombreuses incohérences relevées par les enquêteurs tout au long de la procédure.

Le chauffeur de taxi N. Fall, second mis en cause, a également vu sa version initiale démontée. Il avait affirmé avoir quitté la boutique à 14h le jour des faits pour rentrer à Mbour, mais les relevés d’un opérateur téléphonique le situent sur les lieux du crime de 14h à 17h.

Les conclusions de l’autopsie, obtenues en exclusivité, sont sans ambiguïté. Le corps de la fillette présente des marques de violence importante au visage, une hémorragie conjonctivale bilatérale, une protrusion de la langue, des saignements nasaux et buccaux, ainsi qu’un sillon de strangulation au niveau du cou causé par un foulard noué en arrière. Des abrasions et contusions sont visibles sur plusieurs zones du corps. L’examen gynécologique a confirmé une défloration récente accompagnée d’un traumatisme. La cause officielle du décès est une asphyxie mécanique par strangulation, associée à des lésions confirmant un viol préalable.