La Tabaski approche à grands pas et, comme chaque année, la question qui brûle toutes les lèvres est la même : combien va coûter le mouton cette année ? Si vous habitez Dakar, préparez-vous à sortir le portefeuille. Les prix 2026 sont en hausse, et l’écart entre la capitale et les régions n’a jamais été aussi marqué. Voici tout ce que vous devez savoir avant de vous rendre au foirail.
La Tabaski 2026 : une demande record de 860 000 moutons
Cette année, les besoins nationaux en moutons sont estimés à 860 000 têtes selon le ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage — dont 260 000 pour la seule région de Dakar, qui concentre à elle seule près de 30 % de la demande nationale.
Pour faire face à cette pression, le gouvernement a coordonné des importations en provenance du Mali, de la Mauritanie, du Burkina Faso et du Niger, qui représentent en moyenne 15 % des besoins nationaux, soit entre 250 000 et 300 000 têtes pour une valeur estimée à 36 milliards de FCFA. La filière Tabaski dans son ensemble pèse plus de 300 milliards de FCFA par an, dont 142 milliards générés par la seule commercialisation sur les marchés.
Les prix à Dakar : comptez entre 150 000 et 1 000 000 FCFA
C’est la réalité crue des foirails dakarois. Sur les marchés d’Émile Badiane, de Pikine et des Allées du Centenaire, les prix oscillent entre 150 000 et plus de 1 000 000 FCFA selon la race, le poids et le vendeur. Une hausse sensible par rapport aux années précédentes.
| Type de mouton | Fourchette de prix à Dakar |
|---|---|
| Mouton standard (peul-peul, touabire) | 150 000 – 300 000 FCFA |
| Mouton de case (élevé chez l’acheteur) | 250 000 – 400 000 FCFA |
| Bali-bali | 200 000 – 600 000 FCFA |
| Ladoum entrée de gamme | 300 000 – 600 000 FCFA |
| Ladoum haut de gamme | 1 000 000 FCFA et plus |
| Ladoum d’exception (champions) | Plusieurs millions de FCFA |
Les régions : jusqu’à 5 fois moins cher qu’à Dakar
Si vous avez de la famille en région ou si vous pouvez vous déplacer, les économies peuvent être substantielles. Dans les foirails régionaux comme Ourossogui et Matam dans le nord, un mouton de bonne qualité se négocie entre 125 000 et 150 000 FCFA, et les catégories intermédiaires entre 50 000 et 90 000 FCFA — soit 4 à 5 fois moins cher qu’à Dakar pour un animal comparable.
Les marchés de Touba, Kaolack et Tambacounda sont également réputés pour leurs prix plus accessibles que ceux de la capitale.
| Marché | Prix bas de gamme | Prix milieu de gamme | Prix haut de gamme |
|---|---|---|---|
| Dakar (foirails) | 150 000 FCFA | 300 000 – 500 000 FCFA | 700 000 FCFA et + |
| Régions (Ourossogui, Matam) | 60 000 – 80 000 FCFA | 125 000 – 150 000 FCFA | 200 000 FCFA |
| Marchés intermédiaires (Kaolack, Touba) | 80 000 – 100 000 FCFA | 150 000 – 200 000 FCFA | 300 000 FCFA |
Les races de moutons et leurs prix : guide complet
Peul-Peul — Le mouton du peuple
C’est la race la plus accessible du marché. Élevé par les communautés peules, ce mouton vient souvent de Daara Djolof, Linguère et Louga. Il est idéal pour les petits budgets. Prix : à partir de 70 000 FCFA
Bali-Bali — Le bon rapport qualité-viande
Reconnaissable à ses oreilles longues et larges, le bali-bali vient du Mali. C’est une race de grande taille, prisée pour la quantité et la qualité de sa viande. Souvent élevé dans les maisons. Prix : 100 000 – 250 000 FCFA
Touabire — La référence classique
Race importée de Mauritanie, très présente sur les marchés sénégalais. Bonne viande, belle prestance. C’est l’un des moutons les plus vendus à Dakar. Prix : 150 000 – 600 000 FCFA
Bali-bali — Le choix des connaisseurs
Race prisée, nourrie au maïs et à la paille. Son coût d’entretien élevé (environ 1 000 FCFA par jour) se reflète dans son prix de vente. Prix : 200 000 – 600 000 FCFA
Ladoum — Le roi des moutons sénégalais
C’est LA star incontestée de la Tabaski. Né dans les années 1970 d’un croisement entre le touabire mauritanien et le bali-bali malien, le ladoum est aujourd’hui considéré comme une race purement sénégalaise. Il peut mesurer jusqu’à 1,60 m et peser jusqu’à 182 kg. Sa robe blanche parfois tachetée de noir, ses cornes enroulées symétriques et sa grosse tête arrondie en font un symbole de prestige absolu. Des célébrités comme des hommes politiques n’hésitent pas à se faire photographier avec ces géants. Prix : 300 000 FCFA (entrée de gamme) à plusieurs millions pour les spécimens d’exception
Pourquoi les prix sont-ils en hausse en 2026 ?
Plusieurs facteurs structurels expliquent cette augmentation :
1. Une offre volontairement réduite. Après des pertes importantes lors des éditions précédentes, les éleveurs ont réduit leurs stocks pour éviter les invendus. Résultat : moins de moutons disponibles sur le marché.
2. La hausse des coûts de transport. L’augmentation du prix du carburant renchérit l’acheminement des bêtes depuis les zones rurales et les pays voisins.
3. La cherté des aliments du bétail. Les éleveurs font face à une inflation continue sur le maïs, les tourteaux et le fourrage.
4. La pression de la demande. 260 000 moutons pour la seule région de Dakar, c’est une demande considérable qui tire mécaniquement les prix vers le haut.
5 conseils pour bien acheter son mouton sans se faire plumer
1. Achetez 2 à 3 semaines avant la fête. Les prix augmentent exponentiellement dans les 10 derniers jours. À 3 semaines de la Tabaski, vous trouverez un meilleur choix à un meilleur prix.
2. Préférez les marchés régionaux. Si vous le pouvez, les foirails de Kaolack, Touba ou Tamba restent bien moins chers que Dakar.
3. Vérifiez l’état de santé de l’animal. Un mouton valide pour le sacrifice doit être vif, avoir les yeux clairs, un pelage propre, sans boiterie ni écoulement nasal, et avoir au moins un an (vérifiable par la dentition : deux incisives définitives).
4. Méfiez-vous des moutons dopés. Achetez de préférence chez un éleveur de confiance ou recommandé par votre entourage.
5. La solidarité, une option réelle. Face aux prix élevés, de nombreuses familles se regroupent pour acheter un mouton en commun. C’est une pratique parfaitement acceptable.
Dispositif de circulation pour la Tabaski 2026
Un dispositif spécifique de circulation sera mis en place sur l’autoroute à péage du 20 mai au 5 juin 2026 pour faciliter le transport des moutons et les déplacements des familles. Des contrôles renforcés seront assurés par les forces de l’ordre durant toute cette période.
