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« Sama état civil » : le Sénégal met l’acte de naissance en ligne

Fini les longues files d’attente devant la mairie ? Au Sénégal, la plateforme « Sama état civil » ambitionne de changer le rapport des citoyens à leurs actes d’état civil.

Une demande d’actes sans se déplacer

Pour les habitants, la promesse est simple : soumettre en ligne ses demandes d’actes de naissance, de mariage ou de décès. Selon un responsable de l’Agence nationale de l’état civil (ANEC), la plateforme permet de réduire les déplacements et les temps d’attente. L’usager peut aussi recevoir directement ses actes sur téléphone ou ordinateur, et les télécharger. Côté administration, l’outil aide les services municipaux à mieux planifier les demandes et les délivrances.

Un lancement progressif

La plateforme a été présentée à Dakar quelques jours avant son lancement. Le directeur général de l’ANEC, Matar Ndao, avait alors annoncé un lancement officiel le 16 février, pour une phase pilote de quatre semaines dans cinq communes. Ces communes étaient Ouakam, Cambérène, Golf Sud (Dakar), Diakhao (Fatick) et Mbacké.

Le déploiement a ensuite pris de l’ampleur. Le 10 août 2026, à l’occasion de la Journée africaine de l’état civil, à Kaolack, les autorités ont activé la plateforme et lancé la quatrième phase du Plan national de remédiations du Logiciel de gestion de l’état civil (LGEC). À la rentrée, 77 % des 629 centres du pays étaient couverts par le processus de modernisation, avec 189 communes déjà connectées à « Sama État civil ».

La sécurité, enjeu central

La numérisation répond aussi à un problème ancien : la fraude. Fin 2025, la police a mis au jour, dans la commune de Marsassoum, un réseau structuré de fraude à l’état civil. Pour l’ANEC, les outils déployés doivent changer la donne. Matar Ndao affirme qu’avec eux, il ne sera plus possible de manipuler ou de falsifier les données d’état civil des Sénégalais. Les données sont versées dans le registre national de l’état civil, base centrale hébergée au Sénégal sur plusieurs sites sécurisés.

Des conditions à remplir

La plateforme ne fonctionne pas partout automatiquement. Tout centre d’état civil qui souhaite en disposer doit d’abord installer le LGEC, qui constitue la base de données centrale. L’accès aux services en ligne dépend donc de l’équipement de la commune. L’ANEC prévoit aussi d’étendre les fonctionnalités : les usagers pourront à terme obtenir leurs documents où qu’ils soient au Sénégal.

Les défis à venir

Le déploiement technique ne suffit pas. Comme le souligne l’Observatoire OSIRIS, l’appropriation du LGEC et de « Sama État civil » par les communes devient aussi déterminante que le déploiement technique. L’ANEC a lancé un vaste programme de remédiation du LGEC, accompagné de formations pour les agents et officiers d’état civil. L’agence veut aussi interconnecter progressivement l’état civil avec d’autres administrations et services publics.